En Drôme Ardèche, le confinement de tous les projets pour l’Entente Athlétique Rhône Vercors 26-07

    Après les athlètes, leurs entraîneurs, nous avons voulu voir comment les clubs traversaient cette période  bien particulière. D’ordinaire si actifs, ils se retrouvent tous en pause pour une durée encore indéterminée. En Drôme-Ardèche, l’Entente Athlétique Rhône Vercors 26-07 n’a pas tardé à s’organiser.  Pendant que les entraîneurs maintiennent le lien, les dirigeants profitent de leur temps libre retrouvé pour préparer l’avenir, à plus ou moins long terme… 

Qui a dit que la période de confinement était une période de calme ? À l’EARV 26-07, on ne vit pas les choses comme ça “C’est une période de travail intense”, affirme François Simon, le président. “On est en train de préparer la rentrée et on travaille sur un gros dossier de subvention. Comme ils ne travaillent plus, ou moins, Les autres membres du bureau sont beaucoup plus dispos, c’est agréable”.

Car si le présent semble sur pause, le futur se prépare dès maintenant. “On va recruter deux coachs à la rentrée. En ce moment on fait des entretiens par téléphone, on prend bien le temps de discuter”. Alors de cette situation inédite, le président préfère souligner le positif : “C’est sûr que notre quotidien a changé, mais ça nous permet de réfléchir aux orientations du club, de prendre de la hauteur. Dans la vie quotidienne c’est la course permanente, là on peut mettre en œuvre une réflexion critique et auto-critique”.

Des séances en vidéo pour “pratiquer et rire ensemble”

Et les projets sont nombreux pour le club de 782 licenciés, qui s’articule autour de trois sections locales : Tain Tournon, Chabeuil et Valence. “On est en train monter un dossier de subvention pour les 4 prochaines années, autour de 4 axes. Nous aimerions ouvrir une filière sports études du CM2 à la terminale dans un quartier sensible de Valence, monter une section sport adapté et une section sport entreprise, et aussi préparer les JO 2024 afin de faire de Valence un camp de base pour une équipe étrangère”.

Pendant ce temps au quotidien, “les liens entre les athlètes et les coachs sont réguliers. Les entraîneurs envoient des plans adaptés aux contraintes, ils font des exemples en vidéo, ça donne des échanges plutôt sympas. Ça permet de conserver les liens, de pratiquer mais aussi de rire ensemble, c’est important en ce moment”.
Aucune discipline n’est oubliée : “Nous avons un groupe de 130 marcheurs nordique très actifs. Leur coach Sandrine Sahuc leur envoie régulièrement des séances, en prenant son fils comme cobaye”. Et le président d’apprécier : “Les sportifs ont cette capacité d’adaptation, ils savent trouver l’opportunité dans une situation qui est imposée pour rebondir dans de meilleures conditions.”

Inquiétudes financières liées à l’annulation du relais inter-entreprises

Parmi les quatre salariés du club, deux sont en chômage partiel, deux en arrêt-maladie. Mais tous recevront l’intégralité de leur salaire. Un choix des dirigeants : “pour ne pas rajouter de l’incertitude financière à l’incertitude sanitaire. On va utiliser le budget qu’on économise dans les transports pour ça”.

Comme tout le monde, le club a subi les annulations en cascade : “On devait partir en stage de préparation à Arles, on s’était d’abord replié à Chabeuil et Tournon, on a finalement dû annuler. Notre meeting international début juin a été annulé également, tout comme les interventions que nous avions prévu dans les groupes scolaires”.  Autre annulation, plus lourde d’impacts en terme financier, celle de la cinquième édition du relais inter-entreprises. Il aurait dû avoir lieu le dernier week-end de juin et aurait rassemblé quelque 400 équipes pour 2000 personnes. “C’est l’une de nos principales rentrées d’argent, on va être très pénalisés. On espère que la mairie de Valence va bien verser le troisième tiers de notre subvention… C’est notre grosse inquiétude”.

Quant à la reprise… “On n’imagine pas reprendre en mai, ça nous paraît malheureusement trop imprécis. On se dit que l’activité sportive, c’est ce qui va reprendre en dernier. On est même sceptique sur une reprise avant la fin de saison…Il faut être réaliste. Après la période qu’on a vécue, il faudra une remise en forme générale”.

Jessica Bissay (crédit photos : EARV)